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Contexte et justification du projet

Contexte et justification du projet

Le débat autour de la coexistence du français et des autres langues dans l’espace francophone est un débat récurrent qui fait encore surface de nos jours. Ce débat est d’une si brûlante actualité qu’il nécessite, aussi bien de la part des chercheurs que des « usagers » de cette langue, une attention bien particulière.
Cinquième (5e) langue la plus parlée du monde, le français compte aujourd’hui près de 274 millions de locuteurs à travers cinq continents. Selon un récent rapport de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), « la langue de Voltaire se porte bien et s’enracine progressivement en Afrique ». Le rapport précise que ses locuteurs seront au nombre de 767 millions d’ici à 2060, avec 85% de ses effectifs en Afrique.

Parallèlement, au contact des différents parlers de l’espace francophone en général, et de l’espace africain en particulier, le français est en train de se renouveler et de se transformer, en devenant ainsi une langue véritablement métisse et universelle.

Elle tend à devenir, en Afrique, « une langue africaine » selon Pierre Dumont (1997) ; ce qui confirme, dans la dynamique des rapports linguistiques qui s’opèrent, les influences qu’elle exerce sur les langues africaines et que celles-ci exercent en retour sur elle.
Le rapport périodique de l’OIF sur l’état de la langue française dans le monde publié en 2014, reconnait que le français et son épanouissement dans un monde marqué par la diversité des langues et des cultures, demeurent le socle de la francophonie sociolinguistique.

Ce rapport de l’OIF mentionne également que c’est en Afrique que la progression est la plus forte avec une augmentation de locuteurs de 15% en moyenne en Afrique subsaharienne qui atteint même 30% au Sénégal. Dans le domaine du français langue étrangère aussi, toujours selon les chiffres de l’OIF, l’Afrique est en avance avec une augmentation moyenne de ses effectifs d’apprenants de 44%, suivie de près par l’Asie avec + 43%.

Au regard de tous ces chiffres, l’avenir du français en Afrique parait donc prometteur et rassurant. Cependant, s’il y a beaucoup de raisons d’être optimiste sur l’avenir du français, il y a aussi beaucoup de raisons de douter de cet optimisme car les zones d’ombre ne manquent pas. L’Afrique est un continent multilingue et la diversité de ses langues, parlers et cultures est chose indéniable. On dénombre en Afrique près de deux mille langues différentes.

Bernd Heine et Derek Nurse (2000) précisent que l’Afrique compte 2035 langues, soit un tiers des langues parlées dans le monde. Ainsi, avec plus de deux mille langues, l’Afrique offre une variété linguistique impressionnante même si les spécialistes des langues les regroupent en quatre grandes familles. C’est dire que le paysage linguistique africain est abondamment riche et diversifié. 

L’Unesco a, de ce fait, inscrit l’Afrique en 1991 dans sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle. Selon cette déclaration de l’Unesco « La richesse culturelle du monde, c’est sa diversité en dialogue« . Or on sait tous que toute situation de  dialogue conduit au contact avec une tierce personne, donc avec sa culture qui ne peut se transmettre qu’au travers de la langue.
Considérant cette déclaration de l’Unesco, on peut admettre, sans d’autres formes de procès, que la richesse culturelle du monde réside donc en Afrique puisqu’elle se présente comme un damier linguistique.
De plus, en dehors de cette diversité linguistique endogène qu’on lui reconnait naturellement, le continent africain compte également un certain nombre de langues étrangères qui viennent se greffer à  un  tissu linguistique déjà pluriel. Il s’agit entre autre des langues indo-européennes telles le français,  l’anglais, l’allemand, le portugais, l’espagnol…« imposées » à l’Afrique par la colonisation et qui ont été, dans la plupart des cas, adoptées comme langues officielles dansles pays africains.

A ces langues européennes viennent s’adjoindre, de nos jours, plusieurs autres langues étrangères. En effet, l’arabe, le russe et tout récemment le chinois gagnent eux-aussi du terrain sur le continent noir. L’Afrique se trouve donc être un continent d’une densité linguistique sans pareille et un « terrain concurrentiel » entre les différentes langues en présence.C’est dans un tel contexte que le français évolue et, paradoxalement, son avenir selon l’OIF est plutôt prometteur. 
A toute cette « concurrence » à laquelle le français doit faire face en Afrique, s’ajoutent d’autres  défis notamment la faible qualité des enseignements de cette langue et la non prise en compte effective des langues nationales en Afrique (Maurer, 2010). Tout ceci fragilise les perspectives de progression du français sur le continent noir ou ailleurs dans le monde. 
Le présent colloque développera une thématique brûlante avec des regards pluriels sur l’avenir du français en Afrique.

Ce colloque international sera également l’occasion de porter sur les fonts baptismaux le Centre de Recherche, de Perfectionnement Linguistique et d’Action Culturelle (IRPLAC) nouvellement créé à Accra (Ghana), de célébrer la semaine de la langue française édition 2017 au Ghana et de procéder au lancement du 1er Numéro de la Revue inter-universitaire DELLA du Département de Français de l’Université de Legon.
Quatre domaines principaux de recherches sont à l’honneur : Education, Linguistique, Cultures et Didactique des langues. En d’autres termes, ce colloque s’adresse à la communauté des chercheurs en éducation, en linguistique et en didactique, en relation avec un large spectre de sensibilités scientifiques : histoire, sociologie, psychologie, littérature, pédagogie, philosophie, traduction, droit, politique.

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